Elon Musk, un plan d’attaque à la hauteur de sa renommée pour les 10 prochaines années

L’incontournable Elon Musk, PDG de Tesla, a visiblement instauré sa petite tradition : celle de dévoiler ses ambitions tous les 10 ans concernant ses stratégies et les perspectives de développement imaginées pour Tesla. Ces discours constituent les lignes directrices d’un plan global qui vise, à long terme, à démocratiser la mobilité électrique et les énergies vertes, afin de répondre aux enjeux soulevés par le réchauffement climatique. Un premier papier était paru sur le blog de Tesla lors de sa création en 2006, et mercredi, c’était au tour de la deuxième partie du plan d’Elon Musk, non dénuée d’audace, de faire son apparition. Et cette deuxième décennie s’annonce pleine d’innovations encore plus visionnaires, mais ces aspirations ne sont-elles pas démesurées ?  

Précédente étape décennale : concevoir à la suite trois modèles de voiture propres et un système créateur d’énergie verte, rien que ça

Elon Musk, à l’aube du succès de Tesla, manifestait son intention, dans un premier temps, de commercialiser des véhicules électriques haut de gamme, pour ensuite pouvoir financer la conception de véhicule électriques plus accessibles. A posteriori, grâce au fonds générés par la vente des voitures précédentes, son but était de fabriquer un dernier véhicule encore plus abordable. L’ultime étape de ce premier plan consistait en la conception d’un système de production et stockage d’électricité propre. Choses dites, choses faites. Récapitulatif de cette réussite via une chronologie des évènements qui ont construit la renommée de Tesla :

2008 : Tesla Roadster, l’une des premières voitures électriques sportives

Tesla-Roadster-blue

2012 : Tesla Model S, encore plus aboutie et moins onéreuse que la première

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2016 : dévoilement de l’inédite Tesla Model 3, qui sera disponible en 2017

tesla model 3

2015-2016 : commercialisation et conception respectives des batteries domestiques Powerwall et PowerPack ; rachat controversé de SolarCity, fabricant de panneaux solairesTesla_Powerwall

A noter qu’outre ce premier plan, rien que le fait de se lancer il y a dix ans dans le développement d’une entreprise automobile (en plus, dans l’électrique) était un pari fou, d’autant que le secteur était en chute libre aux Etats-Unis. Malgré la difficulté du contexte et les attaques virulentes aux prémices de la croissance de Tesla, Elon Musk a aujourd’hui gagné son pari, et plutôt respecté ses objectifs des dix dernières années. Et pour la suite ?  

Une ambition encore plus marquée pour les 10 prochaines années

Elon Musk a des convictions précises et a tenu a le rappeler dans son deuxième article :

Nous devons maintenant créer une économie d’énergies durables / renouvelables ou nous seront à court de combustibles fossiles et la civilisation s’effondrera

La première partie du plan n’était apparemment qu’une ébauche des bouleversements que compte bien engendrer Musk, et ses nouveaux projets sont encore plus ambitieux que les précédents. Il souhaite développer Tesla sur plusieurs axes :

D’abord, Elon Musk veut poursuivre la lancée de l’extension de la voiture électrique à un plus large public en diversifiant sa gamme et en l’ouvrant à tous les segments majeurs du marché.

Pour ce faire, il prévoit la fabrication prochaine d’un crossover électrique, d’un pick-up, d’un camion et d’un autobus (des prototypes seront dévoilés dès l’année prochaine). Tous dotés d’un logiciel d’autonomie.

En parlant d’autonomie, Musk croit dur comme fer en l’avenir de cette technologie, et souhaite la placer au premier plan de son action. Cela nécessite de perfectionner l’autonomie complète de ses véhicules et intrinsèquement, leur sûreté. Les voitures autonomes de Tesla devront être dix fois plus sûres que celles pilotées manuellement pour pouvoir circuler normalement. C’est pourquoi elles devront parcourir des milliards de kilomètres avant d’obtenir l’autorisation de se déplacer. La tâche n’est pas des moindres.

Pour Elon Musk, une fois l’autonomie de ses véhicules installée, elle rimera avec autopartage. Pour amortir les coûts des véhicules, leurs propriétaires pourront les louer durant les périodes où ils ne les utilisent pas, via une application à l’image d’Uber (au grand dam de ce géant de l’autopartage si Tesla en vient à être concurrente plutôt que partenaire). Les voitures viendront à leurs passagers, non plus l’inverse, et des économies d’émissions polluantes seront réalisées grâce à l’optimisation de l’usage des véhicules. Tesla répondra donc à des besoins en mobilité accrus grâce à son propre parc de voitures autonomes.

Outre les transports, Elon Musk manifeste son choix d’élargir son champ d’actions aux énergies en intégrant la production et le stockage de l’énergie à son activité.

Il souhaite faciliter un mode étendu d’autoconsommation énergétique, en rendant accessible l’installation et la gestion de panneaux solaires accompagnés de batteries domestiques de stockage chez les particuliers, notamment par le biais d’une application mobile.

Les premiers pas ont été accomplis au travers de la conception des batteries Powerwall et Powerpack et de la fusion avec SolarCity, il s’agit maintenant d’asseoir cette technologie et de la démocratiser, ce qui ne sera pas une mince affaire.

Pour couvrir tous les besoins de production, Elon Musk prévoit de construire des usines. La principale étant la future Gigafactory, immense batîment situé dans le Nevada qui sera alimenté par des panneaux solaires.

Gigafactory Tesla, Nevada. Souce image : tesla.com

Gigafactory Tesla, Nevada. Souce image : tesla.com

Musk mégalomane ?

La tâche s’annonce ardue, on se demande si le fameux milliardaire créateur de Paypal, patron de SpaceX et PDG de Tesla ne serait pas un peu trop dans la démesure.

D’une part, il fonde en grande partie son projet sur l’autonomie des véhicules, alors même qu’il vient d’essuyer ses premiers ennuis : des accidents dont un premier accident mortel d’une Berline Model S en mai dernier programmée en autopilotage. Un évènement qui pourrait mettre à mal son image et sa crédibilité. Quand bien même les conséquences de cette affaire ne seraient pas culpabilisantes pour Tesla, de longues années de tests seront nécessaires pour acquérir la confiance et la capacité nécessaires à la mise en circulation d’une flotte de voitures à la fois autonomes et autopartagées.

D’autre part, sous les discours “sensationnels” du plan, Elon Musk ne détaille pas vraiment la manière dont il compte financer tout ses projets. D’autant que les dépenses vont bon train pour Tesla notamment depuis la fusion avec SolarCity (qui n’a pas été très bien accueillie), et que l’entreprise a quelques difficultés financières : les ventes du dernier semestre n’ont pas été celles attendues. Le climat n’est pas forcément de confiance pour les investisseurs.

Mais Elon Musk a prouvé à maintes reprises sa capacité d’adaptation et son incroyable talent d’homme d’affaires. En ce sens, les éventuels doutes quant à son aptitude à surmonter les obstacles sont amoindris. Alors, Rendez-vous dans 10 ans pour savoir s’il a été ou pas, une fois encore, un visionnaire.

musk voiture

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