Projet d’interdiction des voitures à essence: la Norvège à l’avant-garde de l’écomobilité?

La nouvelle a été relayée le 4 juin dernier par le journal Novégien Dagens Næringsliv et n’est pas passée inaperçue: le pays projetterait en effet de manière ambitieuse de léguer le monopole des ventes à l’offre de voitures électriques d’ici une dizaine d’années, délaissant la place aux véhicules à moteurs thermiques.

Norvège interdiction voiture à essence

Rumeur ou réalité?

Néanmoins, le projet n’apparaît pas encore concret, et l’information est à prendre avec recul puisqu’elle relève avant tout de l’évocation et non de l’annonce officielle. Le consensus n’est pas fixé. Si les partis de gauche ont confirmé cette volonté (ce qui la rend plutôt sérieuse), les autres quant à eux gardent le silence ou récusent la nouvelle, soit en voyant la date limite du projet (2025) comme trop ambitieuse, ou en précisant que la voiture électrique sera certes imposée à l’achat, mais que cela n’engendrera pas pour autant l’interdiction des autres voitures en circulation (plus anciennes, à moteurs thermiques, etc.).

Ce projet poursuivrait la politique d’incitation au vert du pays scandinave

Le projet est tout de même bien envisagé, et s’il en vient à être concrètement appliqué, il s’inscrirait dans la logique politique du pays en matière d’écomobilité.

La Norvège est à cet effet le pays dominant du marché de la voiture électrique: en 2013, il était le pionnier quant à l’installation de stations de recharges Tesla. En 2015, pour le plus grand bonheur du PDG de Tesla Motors Elon Musk, 4 000 modèles S (électriques, bien sûr) de la marque ont été immatriculés. Plus globalement, cette même année, les véhicules électriques représentaient un quart des ventes de voitures, et la Norvège comptait 17 fois plus de parts de marché que la France (pour laquelle la vente de voiture électriques est à seulement 1%).

Cette performance est liée au fait que l’Etat favorise largement l’achat de voitures propres, au travers de subventions plus qu’intéressantes ou d’avantages exclusifs: exonération de TVA et autres taxes pour les acheteurs, péages et stationnements gratuits, droit de rouler sur les voies réservées aux bus; une aubaine à long terme. Sans parler de l’importance du réseau d’infrastructures de recharge développé par le gouvernement.

Ainsi, bien que la suggestion de passer au tout électrique soit difficile à réaliser, elle est loin d’être utopique en Norvège, au vu des résultats plus que positifs qu’ont observées les politiques d’incitation et de bonus écologiques sur l’achat de véhicules propres. L’objectif d’en atteindre 50 000 d’ici à 2018 a d’ailleurs été atteint avec brio, puisqu’avec deux ans d’avance.

Une ombre au tableau: le pétrole

Les mesures concernant la voiture électriques constituent une partie des initiatives mises en oeuvre pour satisfaire l’objectif global du pays de réduire de 40% ses émissions de CO2 d’ici 2030. A noter que 99% de son énergie provient de l’énergie hydraulique, ce qui en fait le pays le plus gros producteur d’énergies renouvelables; un exemple, donc.

Mais toutes ces bonnes résolutions sont financées en partie par… l’argent du pétrole, au grand dam des écologistes. La Norvège en est le 12ème pays plus gros producteur et exportateur mondial. Si elle continue à faire reposer son financement sur cette activité néfaste pour l’environnement, on peut y discerner un certain manque de cohérence…

Une réflexion au sujet de « Projet d’interdiction des voitures à essence: la Norvège à l’avant-garde de l’écomobilité? »

  1. Jacky

    La voiture électrique pollue plus (oui, plus au global sur 100000km) que le thermique essence sauf à utiliser de l’hydroélectricité ou autre production propre d’énergie électrique, on tombe alors dans les 70000km. Ce qui est applicable en Norvège ne l’est pas ailleurs. En Chine ou en Allemagne, roulez en 911 ça pollue moins.

    En outre de l’électrique dans un pays froid… ce n’est pas très malin, énormément de pertes. Il faut utiliser de l’énergie pour chauffer les batteries. l’autonomie devient alors anecdotique…70-80km bref tout le contraire de l’esprit de lberté de la voiture.
    Ces batteries qui ont besoin d’excavation profonde pour trouver les métaux ad hoc…

    Quand tout le monde rentre du boulot à 19h…. tout le monde se branche et paf surcharge du réseau, donc pour le hopitaux etc… pas cool donc groupe électrogène….

    Bref la voiture électrique est politique et n’a jamais été écologique. Elle pourrait le devenir, mais pas dans l’état des technologies actuelles.

    La direction que l’on prend est l’indépendance vis à vis du pétrole, mais elle est surtout vis à vis des pays producteurs de pétrole, le reste est un soupe de blabla pseudo écolo (et faux). Cela étant cet argument est tout à fait en faveur des voitures électriques.

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