Recharge de véhicules électriques : le réseau s’accroît, décryptage

recharge

L’année 2016, un bon millésime pour le segment de la voiture électrique ? Apparemment oui, puisqu’elle marque le dépassement de la barre symbolique des 1 % de parts de marché automobile pour ce segment prometteur, qui se place ainsi en première place sur le marché électrique européen. Bien que la proportion de véhicules propres demeurent minime sur le territoire national, elle n’en est donc pas moins en croissance progressive, et devrait même bénéficier d’un coup de pouce de l’exécutif pour poursuivre sa tendance de développement : d’ici à 2020, l’installation de plus d’un millions de points de recharge publics et privés devraient voir le jour grâce aux aides étatiques, d’après une annonce officielle de la ministre de l’environnement Ségolène Royal à l’occasion du Mondial de l’Automobile parisien. Alors même que le maillage inégal du réseau de bornes figurait en partie comme un frein à l’achat de véhicules électriques en France, cette nouvelle semble donc de bon augure. D’autant qu’elle s’additionne aux bonus (À lire – Bonus-malus écologiques à l’achat d’un véhicule modifiés pour 2017) mis en place pour favoriser l’acquisition de voitures vertes.

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L’ambitieux objectif de l’exécutif concernant l’installation de bornes de recharge publiques et privées

On recense aujourd’hui près de 14 800 points de recharge publics aux quatre coins (ou presque) du territoire national, ce qui représente un ensemble de 4 507 stations (Avere-France). L’exécutif vise à sextupler ce chiffre pour parvenir à ce qu’il existe 100 000 bornes publiques en 2020, dans le cadre du programme d’investissement d’avenir. 10 millions d’euros seront ainsi investis par l’état pour mener à bien ce projet. Les aides financières sont principalement destinées aux collectivités territoriales afin qu’elles développent leurs réseaux de bornes de recharge stratégiquement (les zones résidentielles et zones d’activités susceptibles de déployer des flottes de VE sont pointées du doigt).

La bonne nouvelle, c’est que sur le terrain, la proportion de points de recharge publics de VE progresse rapidement : elle s’est accrue d’un tiers depuis 2015.

Mais le chantier le plus ample se trouve du côté des bornes de recharge privées : Ségolène Royal souhaite qu’elles soient au nombre de 900 000 d’ici à 2020. Pour atteindre ce chiffre, le crédit impôt transition énergétique vise notamment à aider les particuliers à s’équiper de bornes domestiques en couvrant un tiers de leurs coûts d’installation.

Tout ceci est en particulier dicté par l’ambition de Ségolène Royal qui est de – je cite : “permettre à la France de rester le leader européen du véhicule électrique« 

Un réseau de bornes de recharge jusqu’ici critiqué, à raison semble-t-il…

Les critiques vis-à-vis de la gestion du réseau de bornes de recharge de VE allaient bon train jusqu’à présent. En ligne de mire des réprobateurs : une répartition inégale du réseau, ainsi que l’hétérogénéité des bornes.

borneLes stations de recharge se concentrent en effet principalement en Ile-de-France (qui rassemble 11 % des bornes du territoire national, il faut toutefois dire qu’elle est de très loin la région la plus peuplée), ainsi qu’en Auvergne-Rhône-Alpes et en Aquitaine.

La raison ? Elle en partie lié au fait que certaines régions ont impulsé des démarches pour bénéficier d’aides financière bien plus rapidement que d’autres. Les régions du Nord et de l’Est sont ainsi les moins bien pourvues.

De manière générale, les zones rurales sont mal équipées, en dépit du fait que la voiture électrique soit complètement adaptée à ces zones (charge domestique facilitée, trajets moyens, peu de transports publics, etc.), ce qu’affirme Charlotte de Silguy, ancienne secrétaire générale de l’Avere-France aujourd’hui chargée de mission Développement Durable chez EDF : “Je pense aussi qu’il faut démystifier le fait que la voiture électrique soit réservée au milieu urbain. Elle est très adaptée aux personnes vivant dans des milieux ruraux.

L’autre hic : le manque de standardisation des bornes qui peut poser des problèmes de recharge suivant le modèle de véhicule que l’on possède. D’après Christophe Sébastien; responsable du développement durable, de l’ancrage territorial et de la mobilité électrique au sein de la centrale EDF de Civaux : “il y a 3 standards, et les bornes qui proposent ces trois standards sont rares sur le domaine public en France.

Je considère que certaines décisions ayant été prises par les pouvoirs publics à ce sujet sont anormales. Par exemple celle de placer des bornes de 22 kWh dans un département alors qu’elles ne correspondent qu’à un seul modèle de véhicule est aberrant et je ne pense pas que l’Europe ait aidé à financer de tels dispositifs “discriminatoires”.

Il est donc louable de la part du ministère de l’environnement de vouloir largement impulser l’installation de points de recharge de VE sur notre territoire, toujours est-il qu’il sera nécessaire que ces derniers soient bien répartis et respectent les standards pour être réellement efficaces.

 

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