Infrastructures de charge : Tavares va mettre la pression sur les gouvernements

Carlos Tavares, PDG de PSA Group, veut conditionner l’engagement des constructeurs à respecter les nouveaux standards d’émission de CO2 de 2020 à celui des gouvernements à déployer plus d’infrastructures de charge. Il compte sur la mobilisation des autres constructeurs européens.

Carlos Tavares, le PDG de PSA Group

Plus d’engagements attendus

Moins de deux années subsistent avant que les nouveaux standards d’émission de CO2 pour les véhicules en circulation en Europe (95 g/km maximum) n’entrent en vigueur. Dans ce contexte, Carlos Tavares, PDG de PSA Group, a décidé de transférer aux gouvernements une partie de la pression qui repose sur les constructeurs.  Pour y parvenir, il envisage de demander à ces derniers de s’engager davantage dans le développement des infrastructures de charge pour voitures électrifiées.

Tavares estime ainsi que l’équation est simple. Les constructeurs ne devraient pas être pénalisés en cas de non-respect des standards si les infrastructures de recharge ne sont pas suffisantes. « Je pense qu’il est tout simplement logique qu’il y ait (également) des engagements de la part des gouvernements », a-t-il expliqué lors d’une interview accordée au Salon de l’auto de Genève 2018.

Lobby des constructeurs européens

Le PDG de PSA Group ne compte pas mener cette initiative de manière solitaire. Il tentera d’y inclure l’ACEA, le principal lobby des constructeurs automobiles européens. Profitant de son statut d’administrateur de cette association, Tavares va proposer sa stratégie au conseil d’administration prochainement. Les discussions porteront notamment sur la fixation d’objectifs à atteindre par les gouvernements en termes de densité du réseau d’infrastructures de charge. En cas d’échec de ces derniers, les constructeurs pourraient se prévaloir d’une sorte d’exception d’inexécution et contesteraient les éventuelles sanctions.

En attendant, certains manufacturiers cherchent à développer leurs propres infrastructures de charge. BMW, Ford, Mercedes-Benz et Volkswagen viennent notamment de dévoiler le projet conjoint « Ionity ». Ce dernier vise à déployer 400 stations de recharge ultrarapide (350 KW) en Europe d’ici …2020.

Une réflexion au sujet de « Infrastructures de charge : Tavares va mettre la pression sur les gouvernements »

  1. Brucher Jean-Claude

    C’est de bonne guerre pour les constructeurs de reporter la responsabilité d’un échec annoncé sur les gouvernements européens ! Même si la situation est différente, dans les années 50 le développement du nombre des stations services n’a pas été l’objet de décisions gouvernementale mais le fait de sociétés privées (les pétroliers) qui avaient un intérêt économique évident au développement du réseau de stations. Ce comportement des constructeur est un autre symptôme de la frilosité des constructeurs face au développement de la mobilité électrique. Face au changements considérable que représente l’arrivée de cette technologie on peut les comprendre !

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