Les Sea Bubbles, de petits véhicules propres survolant l’eau : une innovation étonnante et prometteuse

Du 30 juin au 2 juillet s’est déroulé à Paris le salon international Viva Technology, centré autour de l’innovation et des nouvelles technologies, où l’on a pu découvrir une maquette de la Sea Bubble : un moyen de transport propre et révolutionnaire que l’on retrouvera peut-être demain à voler au-dessus de la surface de nos fleuves.

Un prototype qui s’inspire de l’Hydroptère, le trimaran “volant” le plus rapide du monde

Les petits véhicules innovants ont été en partie conçus par l’ambitieux et l’intrépide navigateur Alain Thébault et sont inspirés de son autre incroyable création : l’Hydroptère. Ce voilier de haute technologie fut fabriqué et réinventé sur 20 ans, pour parvenir à défier les lois de la nature en atteignant des vitesses jamais égalées par les voiliers traditionnels (record de vitesse à voile 92 km/h en 2009). Grâce à des “foils”, de grands ailerons, l’engin peut être soulevé à la manière d’un avion au-dessus de l’eau à partir d’une vitesse de 10 noeuds (une vingtaine de km/h). Le frottement de l’eau contre la coque du voilier qui ralentit habituellement les bateaux n’est ainsi plus un problème car amplement réduit : les seules parties de l’Hydroptère en contact avec l’eau sont les deux foils et le safran arrière (destiné à diriger le voilier). L’Hydroptère peut naviguer jusqu’à une hauteur de 5 mètres par rapport à la surface de l’eau.

L'Hydroptère

Après l’Hydroptère, pourquoi les Sea Bubbles ?

Un jour la fille d’Alain Thébault lui a fait une remarque visiblement décisive : “C’est super que tu aies obtenu le double record du monde de vitesse à la voile, mais pourquoi tu n’utilises pas ton inventivité pour le bien de tous, pour notre planète, en donnant à chacun l’opportunité de voler sur l’eau ?” (Site internet officiel des Sea Bubbles.)

C’est donc quelque part dans une quête de sens et d’utilité qu’Alain Thébault a souhaité démocratiser l’hydroptère en créant les Sea Bubbles.

En collaboration avec le recordman de vitesse en planche à voile Anders Bringdal, il est également parti de l’idée qu’à ce jour, aucun réel moyen de transport écologique qui puisse être utilisé sur les voies navigables n’existe, alors même que ces voies sont loin d’être saturées.

Ces observations ont ainsi donné naissance à ces petites capsules futuristes, pouvant transporter silencieusement au-dessus de la surface de l’eau des passagers, sans polluer.

« J’ai battu le record de vitesse avec l’Hydroptère, maintenant, je veux rendre les grandes villes respirables » explique Alain Thébault.

Le même principe que l’Hydroptère, pour des caractéristiques spécifiques

Les Sea Bubbles fonctionnent sur le même principe que l’Hydroptère. A une certaine vitesse, la pression de l’eau sur les ailes va faire sortir le véhicule de l’eau.

Sauf que les Sea Bubbles sont adaptées aux conditions de navigation fluviales, évidemment différentes des conditions maritimes. Elles sont dotées de deux fois plus d’ailes, qui sont au nombre de quatre, et voguent plus bas que l’hydroptère (70 centimètres au-dessus de la surface de l’eau), tout simplement car elles ne sont pas aidées par la force du vent maritime mais par la propulsion électrique (une énergie tout aussi propre), conduite par deux batteries rechargeables (comme pour un véhicule électrique normal), placées dans la partie inférieure du véhicule.

Entièrement écologiques, ces “voitures” flottantes de la taille d’une Twingo ou assimilables à une Renault Zoé sont construites avec des matériaux biodégradables et ne rejettent aucune émission. Elle peuvent assurer les trajets de quatre personnes et atteindre une vitesse de 18 km/h (limite légale pour les bâteaux sur la Seine), pour une autonomie non négligeable située entre  80 et 100 km. Bonus, en effleurant l’eau, elles ne créent pas de remous ni de vagues qui érodent habituellement les murs fluviaux.

Néanmoins, la technologie a un prix : leur coût est estimé à 40 000 euros.

Quel avenir pour ces véhicule extraordinaires ?

Du point de vue de leur utilisation, ils sont destinés à plusieurs projets : ses concepteurs ont imaginé qu’on puisse les commander via une application mobile, à l’image d’Uber. Ils pourraient également figurer comme une offre pour le transport de professionnels. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a d’ailleurs émis l’idée d’assurer les trajets des douaniers de Bercy (de Bercy à l’Assemblée Nationale) avec ces petits véhicules volants. La maire de Paris Anne Hidalgo n’a de la même manière pas caché son enthousiasme : elle souhaite équiper la Seine des Sea Bubbles dès l’an prochain. Les prototypes sont déjà en cours de production, témoignage d’un avenir prometteur, d’autant que le projet en intéresse plus d’un, et au-delà des frontières. Il a fait l’objet de marques d’intérêt d’entrepreneurs de renom : Bernard Arnaud le patron d’LVMH, les patrons d’Uber, Google, le gestionnaire des vélibs à Paris. Londres aimerait en équiper la Tamise, Genève en voudrait pour le Lac Leman, et une grande ville américaine en aurait d’ores et déjà réservé 1 200. Bref, une chose est sûre, les Sea Bubbles ont vocation à se développer. Qui sait, elles seront peut-être le nouveau mode de transport de nos centres ville de demain, du moins tant qu’il y a une voie navigable.

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