L’éco-conduite dans les flottes de véhicules: un pari impossible ?

Le marché des flottes automobiles a connu une très forte croissance ces dix dernières années, avec un pic à +8,1% des immatriculations sur la seule année 2016. Cette croissance s’est un peu tassée en 2017 et 2018, et le secteur a même connu un léger recul au dernier trimestre de l’année dernière, quelques mois après l’entrée en vigueur des normes WLTP. Le rebond n’a cependant pas tardé, avec pour l’instant une hausse de 8,76% des immatriculations durant les neuf premiers mois de l’année 2019 (soit 652 121 véhicules entre janvier et septembre 2019).

Les flottes de véhicules s’adressaient historiquement aux grandes entreprises (plus de 90% d’entre elles en ont), mais l’offre s’est beaucoup démocratisée ces dernières années avec les LLD (Location Longue Durée), et les PME sont de plus en plus nombreuses à y recourir. La prise de conscience écologique, les pénalités fiscales pour les modèles les plus polluants, et les développements technologiques (petits moteurs moins gourmands et plus puissants) incitent par ailleurs les entreprises à renouveler leurs véhicules plus souvent.

Le marché connaît également une mutation importante. Historiquement, les flottes étaient essentiellement composées de voitures roulant au diesel (93,9% des véhicules d’entreprise en 2012!). Cette proportion a diminué de 20 points de pourcentage en quelques années, avec 72,9% des immatriculations LLD en 2018 qui sont des diesel. Les grands gagnants sont l’essence, boostée par les changements de fiscalité mais aussi par le développement de moteurs plus économes, et les véhicules hybrides et électriques (qui malheureusement sont encore marginaux dans les flottes, environ 5% à eux deux).

La prise de conscience écologique entraîne également un intérêt pour l’éco-conduite, avec le développement d’offres professionnelles permettant d’optimiser la gestion de sa flotte. Il faut dire que jusqu’à présent, les utilisateurs des voitures de flottes n’avaient pas forcément les bons incitants à avoir la conduite la plus écologique. L’entretien étant inclus dans les LLD et les véhicules renouvelés régulièrement, avoir une conduite souple et préserver son moteur n’étaient pas toujours la priorité des conducteurs. Ce qui, a grande échelle, présente un enjeu écologique. C’est encore pire pour les bénéficiaires de cartes essence, qui ne chercheront souvent pas à minimiser leur consommation.

Pour répondre à ces défis, il serait donc bon de sensibiliser les conducteurs et les gestionnaires de flottes. Des solutions professionnelles arrivent heureusement sur le marché, par exemple Masternaut de Michelin. Ces solutions enregistrent les comportements de conduite, les analysent, et présentent des pistes d’amélioration (pour diminuer la consommation et les rejets de CO2, éviter les vitesses excessives, diminuer le risque d’accident, etc).

Ces technologies présentent un intérêt pour :

  • l’environnement et la santé publique: avec des conducteurs sensibilisés à l’éco-conduite, c’est moins de gaz nocifs rejetés dans l’atmosphère, et une conduite moins dangereuse pour les autres usagers.
  • la sécurité du conducteur lui-même, avec un risque d’accident diminué.
  • les coûts du gestionnaire de la flotte, dont les dépenses en entretien, assurance, et carburant diminuent.

Avoir une flotte de véhicules dont les utilisateurs finaux adoptent une conduite responsable semble donc possible, grâce aux évolutions technologiques, et l’on surveillera l’évolution de ce marché tout juste émergent et bienvenu.

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